Anticor / Transparency / Rien – Le Match

L’actualité récente de la campagne de Courbevoie est riche en engagements de moralité de la part des candidats : Jean-André Lasserre (PS) a signé la charte Anticor, Arash Derambarsh (DVD) a signé celle de transparency international et Jacques Kossowski (UMP) n’a rien signé. Alors, qu’est-ce que cela signifie ?

Cas n°1 : Jean-André Lasserre, charte Anticor

Le 13 février, le candidat PS aux élections municipales 2014 de Courbevoie a donc signé la charte Anticor.

Qu’est ce que Anticor ? Je vous rassure, rien à voir avec l’interdiction totale des antibiotiques en France. Pour en savoir plus, allons voir sur le site de l’association

« Anticor est une association regroupant des élus et des citoyens de toutes tendances politiques, ayant décidé de s’unir pour lutter contre la corruption et pour réhabiliter la démocratie représentative »

En gros, il s’agit de prévenir les conflits d’intérêt et la corruption des élus. Comme s’il y avait de la corruption dans les Hauts de Seine, ça se saurait ! Alors en quoi ça consiste ?

1/ Non cumul et limitation des mandats et des fonctions exécutives : ça commence mal pour Jean-André, il devra donc abandonner son poste de conseiller général chèrement acquis s’il était élu maire. En même temps, vu que les conseils généraux pourraient disparaître, pas certain que ça brise le petit coeur de Jean-André.

2/ Bonnes pratiques de gestion : il s’agit de former les élus et de « rendre public le nombre des emplois de cabinet et le coût total ». Enfin la vérité sur le coût des dames pipi de Courbevoie !

3/ Transparence : il est là question de publier la déclaration d’intérêt du candidat, et de s’assurer ensuite que les élus n’entrent pas en conflit d’intérêt. D’accord mais elle est où la déclaration d’intérêt de JAL ? Qu’on sache enfin s’il roule en Cayenne ou en Logan !

4/ Reconnaissance de l’opposition : je vous rassure, il ne s’agira pas seulement pour JAL d’être capable d’identifier sans aide Jacques Kossowski quand il le croise dans la rue. L’idée forte est en réalité de proposer la présidence de la commission des finances à un élu de l’opposition. Ca s’appelle faire coup triple : tu te débarrasses de la comptabilité, l’élu qui prend ça est trop occupé pour faire autre chose et s’il y a un problème, ça sera de sa faute. Efficace !

5/ Participation citoyenne : Désolé j’ai décroché au moment où la charte parlait de C.G.C.T. Bref, point suivant.

6/ Publicité des informations : il s’agira de rendre public sur le site de la mairie un grand nombre d’éléments de gestion du maire permettant aux citoyens de se faire une idée juste de son action.

7/ Traitement des atteintes à la probité : enfin on va s’occuper des victimes de la probité trop souvent oubliées ! Pour faire simple, un élu mis en examen sera suspendu.

8/ Prévention du trafic d’influence : c’est à dire, éviter de trop attribuer de subventions à une association gérée par sa femme par exemple

9/ Choix des organismes financiers :  en simple, éviter de faire des prêts avec la banque régionale du Gabon.

Reconnaissons en tout cas qu’il s’agit d’une charte d’autant plus exigeante que l’association Anticor disposerait maintenant d’un arsenal juridique pour attaquer en justice un candidat signataire ne respectant plus la charte une fois élu.

L’ensemble des engagements proposés relèvent en tout cas de la saine gestion d’une ville, il est même un peu navrant qu’il soit besoin de faire signer une charte pour obtenir des actions d’un tel bon sens.

Cas n°2 : Arash Derambarsh, Transparency International

De son côté, le candidat Arash Derambarsh a signé à l’occasion de son meeting du 13 mars la charte de Transparency International.

Transparency International se revendique comme :

« la principale organisation de la société civile qui se consacre à la transparence et à l’intégrité de la vie publique et économique. »

On retrouve en 5 points des idées assez proches de la philosophie d’Anticor

1/ Transparence du patrimoine des élu(e)s – comme pour Jean-André Lasserre, on va savoir combien Arash a sur son livret A ?

2/ Fin du cumul des mandats dès 2014 – Le texte ne précise pas si Arash pourra rester président du club de foot de Courbevoie ?

3/ Prévenir les conflits d’intérêt – même idée que pour Anticor

4/ Collégialité des décisions d’urbanisme – cet engagement rappelle la proposition d’Arash de soumettre à référendum les grands projets d’urbanisme de la ville.

5/ Formation des élu(e)s à la déontologie – J’imagine bien la formation :

« Vous êtes élu de Courbevoie. Un entrepreneur vous propose une valise de 10 000 euros pour que vous lui accordiez un marché public. Que faites-vous ?  

– Vous partez avec la valise et le faites abattre par un tueur à gage
– Vous dites non, bouh, c’est pas bien et fermez fort les yeux
– Vous prenez la valise mais vous donnez la moitié à l’association des aveugles paralytiques
– Vous ne voyez pas où est le problème ? « 

A nouveau, il s’agit d’intentions honorables qui devraient être évidentes en démocratie. On souhaite évidemment que nos élus appliquent ces règles de bonne conduite.

Cas n°3 : Jacques Kossowski, Rien

L’avantage de ne rien signer, c’est qu’on ne risque pas de se trahir ! Jacques Kossowski étant de longue date député et maire, forcément, ça allait coincer. Il ne sera pour autant pas le seul à ne pas signer : près de chez nous, on doute par exemple que Patrick Balkany ou Joëlle Ceccaldi-Reynault aient signé l’une ou l’autre des chartes.

Pour autant, n’oublions pas que même sans signer la charte, la loi continue de s’appliquer. Les chartes Anticor ou Transparency sont juste plus exigeantes et vont un peu plus loin.

En tout cas, Jacques Kossowski est le seul candidat dont on est sûr et certain qu’il ne se trahira pas puisqu’il ne s’est engagé à rien sur le sujet.

Maintenant, à vous de choisir : plutôt Anticor, Transparency, ou Rien ? réponse dans les urnes les 23 et 30 mars…

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