J’ai assisté pour vous – Le Conseil Municipal du 26 Mai 2014

Le 26 mai 2014 avait lieu le conseil municipal de Courbevoie. Pas grand chose à l’ordre du jour, mais suffisamment pour alimenter quelques échanges sucrés. Le compte-rendu sur ce blog!

Tout d’abord, soyons honnête : bien que le conseil fut prévu pour débuter à 20h, je ne suis pour ma part arrivé qu’à 20h30. J’ai donc raté le début. Mes fidèles lecteurs savent que jusqu’à présent les conseils municipaux commençaient par de nombreux votes aussi passionnants qu’une assemblée de copropriétaires retraités, donc j’espérais n’avoir rien raté. Et bien non ! Cette fois-ci pas de vote à la chaine, directement le vif du sujet, et j’ai donc raté le premier débat.

1/ L’appel des présents 

Je crois cependant savoir qu’il concernait des présences, ou absences plutôt. En effet, la mise en scène du conseil municipal fait trôner au centre le père, Jacques Kossowski, maire de la ville. A la droite du père, Marie-Pierre Limoge, première adjointe. Et à la gauche du père, cette fois-ci, il n’y avait personne. Le petit écriteau spécifiait bien que nous attendions à cette place Eric Cesari, mais nous ne l’y verrons pas de la soirée.

En effet, outre son poste de 2e adjoint de Courbevoie, Eric Cesari est aussi Président de la Communauté d’Agglomération Seine Defense. Et outre ces 2 postes, il a aussi un vrai boulot, à savoir Directeur Général de l’UMP. Pour ceux qui n’ont pas ouvert un journal depuis que la France gagnait des coupes du monde, l’UMP est cette formation politique ayant une politique d’achat fort généreuse vis-à-vis de ses fournisseurs. Le client rêvé pour qui rien n’est assez cher. En tant que DG de l’UMP, Eric Cesari était donc ce soir-là retenu au siège de l’UMP pour une perquisition judiciaire dans le cadre de l’affaire Bygmalion.

Encore plus fâcheux que de rater un conseil municipal hautement passionnant, Eric Cesari pourrait être inquiété au niveau judiciaire dans la fameuse affaire Bygmalion, le camarade Copé ayant généreusement indiqué que c’était lui qui signait les factures. Sachant que Eric Cesari aurait dû prochainement prendre la place de Jacques Kossowski en tant maire de Courbevoie, la succession du maire pourrait finalement être un fleuve moins tranquille que prévu…

Bon, à ça je n’y peux rien, mais au moins que M. Cesari trouve ici le compte rendu du conseil municipal qu’il a loupé bien malgré lui !

Revenons au début, j’ai donc loupé le débat sur l’avis de révision du schéma départemental d’accueil et d’habitat des gens du voyage, les travaux de ravalement soumis à déclaration préalable, et l’exonération d’impôt pour les gens rigolos et sportifs qui ne gagnent pas d’argent (je synthétise)

Sinon, le reste du conseil municipal consistait en diverses petites subventions de la ville, et autorisations pour que la ville demande des subventions à ses copains (département…). Plutôt que de les reprendre une par une au risque que mes lecteurs se retrouvent subitement endormis sur leurs claviers avec un azerty fort malséant sur leurs joues, je détaillerais plutôt les débats ayant eu lieu entre le groupe PS et les adjoints au maire.

2/ Lamartine brulera-t-elle ? 

Premier ‘accrochage’ concernant l’école Lamartine sise Rue Jean-Pierre Timbaud. D’après le groupe PS, l’architecte aurait indiqué dans un rapport que des poutres seraient insuffisamment protégées et pourrait représenter un risque d’incendie. D’après la majorité municipale, ces équipements ont été vérifiés par la commission de sécurité qui inclut des pompiers, et il n’y aurait donc aucun risque. J’avoue ne pas être spécialiste de ce sujet donc difficile de se faire un avis. Disons que si vous êtes à l’école Lamartine et que vous voyez une poutre, évitez de jouer avec un briquet ou un lance-flamme devant.

3/ 1, 2, 3 nous irons au bois

2e discussion au sujet d’une subvention à l’école privée Ste Genevieve pour laquelle la mairie participe au financement d’une classe verte. Inquiétude du groupe PS quant à savoir si cette subvention ne concerne bien que les élèves originaires de la ville, et pour vérifier que le montant des aides par élève dans le privé ne dépasse pas celle du public. Réponse de M. Spiri, adjoint au maire en charge des classes vertes (entre autres), tout va bien, les montants alloués au privé ne dépassent pas ceux du public. Pas besoin de fouiller donc…

4/ Chats perchés 

3e débat concernant la subvention de la ville à l’association AnimaCoeur. Contrairement à ce que son nom laisserait penser, j’ai appris que cette association ne réalisait pas des expositions de coeurs d’animaux, mais s’occupait des chats errants. Bon, pourquoi pas, il est vrai qu’avec le recul de la fréquentation des restaurants chinois, les débouchés des chats errants se sont singulièrement réduits. Alors si on ne veut pas que Courbevoie ressemble à une île grecque, il faut bien qu’on fasse quelque chose avant que des meutes de chats errants n’attaquent une mamy promenant son Yorkshire. Sauf que cette association dispose de 16 000 euros de subventions de la ville, pour 37 000 euros de chiffre d’affaire en tout. L’opposition pointe notamment une mauvaise gestion de l’association, et souligne que la subvention à cette association représente plus que la somme des subventions de la ville à la croix rouge ou autres associations humanitaires. J’avoue avoir dernièrement croisé plus d’êtres humains en difficultés que de chats errants, l’argument me semble donc légitime.

5/ Communi Communicate

Autre sujet relevé par l’opposition PS, un marché passé par la ville de Courbevoie pour sa communication avec une agence spécialisée dans la communication politique. Ce marché est accordé pour la 3e fois consécutive a la même agence pour un montant de 200 000 euros. L’opposition pense que l’appel d’offre par sa rédaction favorisait l’agence sortante. Grand moment d’hypocrisie de part et d’autre, l’opposition feignant de découvrir que les appels d’offre seraient inéquitables, et la majorité feignant de s’en offusquer. Alors chers élus, nul besoin d’adopter trop de postures compliquées. Toute entreprise ayant un jour répondu à un appel d’offre sait très bien que quel que soit l’acteur public, 9 fois sur 10 les résultats sont connus à l’avance, l’appel d’offre étant ainsi rédigé et ainsi noté pour que l’acteur que l’on veut soit retenu. Serait-ce le cas à Courbevoie que ça ne serait ni étonnant, ni différent des autres collectivités (ni d’ailleurs nécessairement critiquable mais c’est un autre débat).

Le point le plus notable fut cependant la réponse de Patrick Gimonnet, adjoint aux finances. J’avais déjà noté dans ce blog tout le bien que m’avaient inspiré ses interventions sur le budget. Mais là, Patrick, sur ce sujet, non. Franchement, manger un dragibus avant qu’on te pose une question, ça le fait vraiment pas. Nous avons donc observé avec beaucoup d’émotions toutes les difficultés de Patrick pour répondre à la question tout en avalant son dragibus puis en se débarrassant péniblement des restes qui collent aux dents. Alors pour sa défense, la question était posée par Jean-André Lasserre. En général, une question de Jean-André dure entre 5 et 15mn, ce qui laisse quand même le temps de manger son dragibus. Et là, paf, le piège ! En 2mn Jean-André avait fini sa question et le pauvre Patrick se retrouvait à devoir répondre pris au piège par son dragibus. Ah, les stratagèmes vicieux de l’opposition…

A ce stade mon exposé, notons un 2e évènement marquant, raté de tous les participants excepté votre fidèle observateur attentif aux moindres détails. Ainsi, à ce stade du débat, nous voyons Arash Derembarsh qui lève la tête et regarde ce qui se passe. Le temps suspend son vol, on se demande ce qui se passe. C’est un évènement incroyable, qui ne dura cependant que quelques secondes à peine. Puis Arash reporta à nouveau son attention sur son téléphone, mettant fin à la scène. Je peux ainsi témoigner avoir vu de mes propres yeux que pendant ce conseil municipal, il y eut au moins 15 secondes où Arash ne fut pas en train d’écrire sur son iPhone.

6/ Tu vas la poser ta question ? 

Enfin, un conseil municipal de Courbevoie ne serait pas complet sans un échange d’amabilités entre Jacques Kossowski (Maire UMP) et Jean-André Lasserre (Opposition PS). L’enjeu ? Une question écrite envoyée par le groupe PS le jeudi à 23h38. Et alors me direz-vous ? Et bien il semblerait que les élus aient jusqu’au jeudi soir pour envoyer leurs questions et que la majorité y réponde en conseil. Sauf que d’après Jacques Kossowski, les employés de la mairie dormaient du sommeil du juste jeudi à 23h38, alors que l’opposition s’embêtait à poser des questions.
Mais le maire voulait bien répondre aux autres questions posées avant.
Mais du coup Jean-André boudait et ne voulait plus poser les autres questions s’il ne pouvait poser celle-là.
Et s’il ne les posait pas, le maire n’était pas content parce qu’il ne pouvait pas y répondre (ben oui, on ne répond pas à une question pas posée, sinon ça devient compliqué)

Bref, je serais bien incapable de retranscrire ici les détails, mais au final la question fut posée (elle concernait l’inscription aux nouvelles activités post scolaires des gens qui ne payaient pas la mairie), et la réponse fut correctement apportée (on sera cool pour ceux qui font un effort, mais après faut pas pousser mémé dans les orties quand même).

Tout ça pour ça. Dommage que ce type de pinailleries parasite l’ambiance au conseil municipal pour des raisons plus politiques que sur le fond du débat.

7/ Hommage à toi, conseiller municipal anonyme

Je ne saurais terminer cet article sans rendre un hommage à vous, les conseillers municipaux anonymes de la majorité,
Vous qui ne faites pas partie des adjoints au maire,
Vous qui en 4 conseils avez tout enduré, les votes sans fin, les conseils de 5 heures, les critiques de l’opposition, sans que l’on entende ne serait-ce qu’une seule fois le son de votre voix,
Vous qui n’avez même pas pu ne serait-ce que lever la main pour voter, le Maire faisant à chaque fois voter de la manière suivante : « Qui vote contre ? Qui s’abstient ? Dossier suivant ! »,
Vous qui êtes tellement d’accord avec le maire et ses adjoints que jamais aucune mesure ne vous inspire la moindre remarque,
Vous qui pourtant êtes quasiment tous là à chaque fois,
Bravo.
Si seulement vos collègues de l’opposition étaient comme vous, les conseils municipaux finiraient à temps pour permettre d’être de retour pour l’Amour est dans le pré !

Avec le faible nombre de sujets et malgré les débats, le conseil municipal était pour une fois fini en 1h30, et heureusement car j’avais oublié d’emmener ma réserve de Kinders. Suite au prochain épisode, le 23 juin…

4 pensées sur “J’ai assisté pour vous – Le Conseil Municipal du 26 Mai 2014

  • 9 juillet 2014 à 21 h 34 min
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    Et ben alors Pierre ? C’est votre nouvelle fonctions d’élu de quartier qui nous prive de résumé des CM ? Je sais que vous n’avez pas assisté à la globalité de la séance du 23.06 mais tout de même…..Jadis, vous sortiez manger une pizza en plein conseil mais vous nous délectiez d’un petit mot….. Je vous attends 😉

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  • 10 juillet 2014 à 8 h 08 min
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    Effectivement, merci de me rappeler à mes ardentes obligations ! J’ai bien prévu de parler du CM du 23, mais ayant raté une grande partie j’attendais de pouvoir consulter les vidéos de ce que j’avais manqué pour pouvoir être plus complet, notamment sur les conseils de quartier. Un peu de patience donc, c’est prévu … 🙂

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