Essayons de comprendre la réforme des rythmes scolaires

Habitant de Courbevoie et parent de jeunes enfants, tu découvriras l’année prochaine la réforme des rythmes scolaire by Courbevoie. Alors, concrètement, que va-t-il se passer ? Tentative de réponses sur ce blog !

1/ Rappel sur la réforme des rythmes scolaires

Pour ceux qui n’ont rien, mais alors rien suivi du tout, la réforme des rythmes scolaires est un objet politique non identifié.

En gros, à la base, les enfants allait à l’école 4 jours et demi par semaine. Puis en 2008, on est passé à 4 jours parce que c’était potentiellement mieux pour les enfants. Et depuis tout le monde était plus ou moins d’accord pour dire que nos enfants travaillaient trop et qu’il fallait mieux étaler le temps scolaire pour favoriser l’apprentissage.

Alors Peillon est arrivé et a dit : allez hop c’est parti on le fait. Et là plus personne n’était d’accord. En gros :

  • les profs étaient contre parce qu’il fallait se lever un matin de plus et que c’était très très mal pour eux les enfants.
  • Les parents d’élèves sont alors devenus contre parce que les profs étaient contre et qu’il fallait se lever un matin en plus.
  • Les mairies était contre parce que ça leur faisait du boulot et que ça coutait des sous
Une fois n’est pas coutume, je me déclare athée sur le sujet, n’ayant aucune religion en un sens ou l’autre. Il semble seulement curieux qu’il soit si compliqué de revenir à quelque chose qui existait déjà jusqu’en 2008. On se demande comment faisait-on à l’époque ? Surtout, pour les gens qui bêtement travaillent tous les jours, ben ça change rien parce qu’on se levait déjà tous les matins en fait.
Politiquement donc un bel exemple de politique made in Hollande : je prends un sujet où tout le monde est d’accord et je fais en sorte qu’à la fin de la réforme plus personne ne soit d’accord.
En pratique, chaque mairie a mené la réforme comme elle l’entendait, certaines commençant en 2013, et d’autres en 2014. Et pour Courbevoie, en septembre 2014, c’est parti !
2/ Journée plus courte donc… on commence plus tôt !
Donc le temps scolaire sera étalé sur 9 demi-journées au lieu de 8. Les journées d’école seront donc plus courtes. Journées plus courtes qui, rappelons-le, d’après les opposants à la réforme, posent le problème d’enfants fatigués car ils se lèvent le matin, puis de comment les occuper ensuite après l’école.
Conséquence à Courbevoie, la journée d’école commencera… plus tôt ! Et oui, au lieu de commencer à 8h45 comme aujourd’hui, les enfants commenceront à 8h30. Conséquence, ils se lèveront donc 5 jours par semaine et plus tôt qu’aujourd’hui ! Et la journée finira encore plus tôt le soir. J’ai cherché mais je n’ai jamais trouvé de bonne explication à ce désagréable changement d’horaire.
Cher parent, toi et tes enfants perdront donc 15mn de précieux sommeil tous les matins dès la rentrée prochaine.
3/ TAP m’en 4  !
La nouveauté, c’est donc les temps d’activités périscolaires qui auront lieu les lundi, mardi, jeudi vendredi de 15h45 à 17h. Pour comprendre comment ça marche, il suffit de regarder le sympathique tableau explicatif transmis aux familles en tête d’article.
Vous l’avez vu ? De loin, on se dit, ouah c’est beau, ça ressemble au Trivial Poursuit de notre enfance ! On sentirait presque l’odeur des camemberts : question rose pour nos enfants, cinéma des années 60 : « mais où donc est passée Sue Helen? »
Et de près on réfléchit, on suit les flèches, on modélise et… on ne comprend rien !! Voilà qui rappelle les courses d’orientation de nuit dans le brouillard…
Après avoir tenté de creuser le sujet, il ressort donc que :
  • On choisit d’inscrire ses enfants de 1 à 4 jours aux TAP (rien à faire, j’adore cette abréviation)
  • On ne sait pas ce qu’ils feront, ça tournera dans les différents groupes des différentes activités aux couleurs du trivial poursuit
Surprise donc à la rentrée sur la taille des groupes, leur fonctionnement ou le contenu réel des activités proposées. Pour le moment nous n’avons que les titres, reste donc à deviner. Tentative sur un extrait de la liste des activités pour l’école de ma fille :
  • Perles et compagnie : Atelier essentiel consistant à enfiler des perles …
  • Tri et recyclage : très utile, il s’agira de vider les poubelles de la cantine, de les trier puis de les sortir à la bonne heure pour enfin aider les éboueurs à les emmener
  • Microcosmos nos amis : activité ancestrale consistant à arracher les ailes des mouches
  • Relaxation : traditionnelle sieste et glandouille
  • Club des chefs : entraînement pour participer à une émission de M6 quand ils seront grands
Les enfants sont-ils obligés d’assister aux TAP ? J’ai cru que oui, mais en fait non. Du coup, un doudou land sera mis en place, soit une salle pour s’amuser le reste du temps si on ne va pas aux activités (= le centre de loisirs non ?).
4/ La réforme des rythmes scolaires, combien ça coute ?
Pour financer la réforme, 4 acteurs peuvent participer
  • La mairie sur son budget
  • L’état qui fournit en 2014 une aide via un fond d’amorçage de 50 euros par enfant
  • La CAF sous certaines conditions
  • Les familles
Rappelons que d’après le conseil municipal, le coût de la réforme à Courbevoie est estimé à 300 euros / enfant, pris en charge à 55% par la mairie et l’état, et à 45% par les familles.Au final, un coût moyen de 135 euros / an / enfant pour les familles, chiffre à pondérer selon le quotient familial.
A noter que Courbevoie a choisi de ne pas demander les aides de la CAF. En effet, celles-ci nécessitent dans leur cahier des charges un taux d’encadrement qui d’après l’équipe municipale aurait fait grimper encore plus l’addition. Au vu de ce qui se fait dans d’autres villes et du montant des aides, cette position de la municipalité est cependant assez étonnante. Dommage que ce sujet n’ai pas fait l’objet de plus de débats au conseil municipal. Est-ce que faire payer les familles n’est pas une solution de facilité ? – Mise à jour – Au final, la mairie a demandé quand même l’aide de la CAF
Alors comment sommes-nous par rapport aux autres communes ? Pour cela, on peut déjà regarder quelques exemples de communes étant déjà passées au 4,5 jours sur cette intéressante infographie où l’on constate :
  • Sur les 16 villes concernées, dont Paris, seules 2 ont choisi de faire payer les familles et à hauteur de 10% du coût total
  • La majorité des communes, et notamment les grandes, ont bénéficié des aides de la CAF
  • Le coût de la réforme est généralement entre 100 et 200 euros par enfant. Les plus chères sont Paris (394 euros) et Angers (300 euros)
Ainsi, on constate par rapport à ces quelques exemples que Courbevoie se situe haut de la fourchette en termes de coût par enfant, pas très loin de Paris, et demande une participation des familles beaucoup plus significative que d’autres villes.
Dans le détail, en maternelle, les TAP eux-même coûteront aux familles pour chaque enfant de 1,7 euros / mois pour les plus modestes, à 40 euros / mois pour les plus aisés, soit donc un coût annuel allant de 14 euros à 345 euros / an (environ). Important cependant, ce coût intègre le prix du gouter qui était auparavant séparé. On notera pour autant que contrairement à ce qui avait été annoncé en conseil municipal, les plus aisés supporteront un coût quasiment égal au coût de la réforme.
A ces coûts restera à ajouter comme les autres années le repas (si on veut que nos enfants mangent) et éventuellement la garderie du soir.
Enfin, 3 derniers points importants à retenir concernant le coût et fonctionnement :
  • Seules les activités consommées seront facturées : si j’inscris mon enfant aux TAP mais qu’il n’y va pas, je ne paye donc rien. Idem pour la cantine, la garderie… (ce qui n’était pas le cas auparavant)
  • En revanche, la garderie du matin qui était gratuite pour les inscrits au soir devient payante
  • Enfin, les dépenses faites au titre des TAP devraient être déductibles des impôts, a priori dans les frais de garde d’enfant hors domicile (donc plafonné à 2300 euros de dépenses éligibles / an)
5/ Inscription
Pour s’inscrire, il faudra donc se rendre sur l’espace famille afin de demander l’inscription à la bonne date et remplir un magnifique formulaire. L’inscription permettra à l’enfant de bénéficier des services, mais ne donnera donc lieu à facturation que s’il se rend vraiment aux activités. Au final, c’est donc une inscription de principe et en logique, mieux vaux s’inscrire à un maximum d’activités, même si on est pas sûr d’en bénéficier ensuite. A noter notamment qu’il faudra obligatoirement inscrire l’enfant en TAP s’il veut rester jusqu’à 17h, quelque soit l’activité qu’il fera. Même si l’enfant va à ‘Doudouland’, il faudra qu’il soit inscrit au TAP. Les autres seront mis dehors à 15h45.
On notera au passage quelques remarquables questions pour, rappelons-le, des maternelles ayant entre 4 et 6 ans (sauf s’ils ont beaucoup redoublé) :
  • « Autorisez-vous votre enfant à sortir seul de l’activité ? » : Oui bien sûr, comme ça il pourra rentrer à la maison me faire à manger maintenant qu’il a eu le TAP l’atelier des chefs !
  • « Votre enfant a-t-il déjà un PAI? » : Non, il n’a pas encore de PAI et je suis contre les consoles de jeux à son âge ! (blague à part et information prise, il s’agirait d’un plan d’accompagnement individualisé, donc si vous l’avez vous le savez, sinon dites non)
Après, il ne restera plus qu’à passer sur un autre site où il suffira de rentrer à nouveau vos codes d’authentification pour charger vos documents justificatifs. Bref, inscription compliquée et pas très facilement compréhensible au premier abord !
6/ Conclusion 
En conclusion, la réforme prend forme à Courbevoie. Reste encore des interrogations sur la qualité du contenu et le fonctionnement réel des activités. Dommage cependant que les journées commencent plus tôt qu’avant inutilement.
Un coût élevé de la réforme, que l’on pourra soit critiquer en disant que ça coûte trop cher, soit apprécier en espérant que les activités proposées seront en contrepartie riches et de qualité.Un choix de ne pas solliciter la CAF pour le moins étonnant, surtout compte tenu de l’importante participation financière demandée aux familles
Enfin, concernant la participation des familles, on pourra la critiquer en comparant les autres villes où les activités sont gratuites, d’autant plus qu’une ville riche comme Courbevoie a les moyens d’en assumer le coût. C’était en tout l’esprit de la réforme et ce qui est appliquée dans une ville comme Paris.Ou bien on pourra se dire qu’après tout ça n’est pas aux impôts de toute la ville de payer les activités des familles avec enfants, tout en rappelant que pour les plus défavorisés, le coût sera quasi nul. Pour les autres, il vous en coûtera vraisemblablement plus cher que l’année dernière.
Que chacun se fasse une opinion et bonne inscription !

5 pensées sur “Essayons de comprendre la réforme des rythmes scolaires

  • 9 septembre 2014 à 14 h 49 min
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    Réforme de mer… et à ce jour aucune activité pratique à part jouer dans la cour… et on paye pour ça. Dégoûter mais à un point… vraiment des incompétents

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  • 9 septembre 2014 à 21 h 36 min
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    La réforme était sans doute difficile à mettre en place et il faut probablement du temps pour que les choses prennent leur rythme. Mais pour le moment, effectivement, le coût est élevé pour un résultat plus que décevant, surtout par rapport à ce qui a été prévu. L’écart entre les promesses et la réalité… attendons un peu en espérant que ça s’améliore pour le bien de nos enfants !

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  • 18 septembre 2014 à 14 h 56 min
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    J’ai voulu travailler en tant qu’animatrice pour les TAP : salaire horaire net proposé 7,30euros !
    Sachant que travaillant de 15h45 à 17h : soit 1h15.
    Ma fille de 7 ans devant être inscrite à l’étude de 17h à 18h donc frais supplémentaires, plus le temps de transport jusqu’à l’établissement scolaire : en tout 2h payées 7,30euros… (moins l’étude de ma fille, moins le ticket de bus aller/retour) = 1euros net.

    Une véritable honte… Donc c’est qui qui va s’occuper de nos chers petits, des étudiants pas du tout formés à l’animation…

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  • 9 janvier 2015 à 12 h 33 min
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    Bonjour,

    on se demande effectivement qui s’occupe de nos enfants…. Les personnes ne nous sont même pas présentées.
    Et depuis que le directeur de l’école a osé demander à la directrice du VAL qui sont toutes ces personnes qu’elle invite le soir pendant l’horaire des TAP (une école maternelle ne me semble en effet pas être le lieu le plus adapté pour faire des réunions à 16 h; la mairie de Courbevoie manque-t-elle à ce point de locaux?), cette dernière le harcèle et lance des rumeurs pour le faire quitter l’établissement.
    Par ailleurs, les activités les plus effectuées sont effectivement DouDouLand et visionnage TV. Bilan: 2 dessins à fin décembre en réalisation des enfants. Heureusement que la pochette des travaux réalisés en classe avec l’institutrice est bien plus conséquente.

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    • 9 janvier 2015 à 13 h 52 min
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      Il y a en effet un réel mécontentement des parents par rapport aux TAP et surtout compte tenu du coût appliqué à Courbevoie qui est en haut de la fourchette. Plus étonnant, quand le sujet a été abordé dans notre école, la représentante de la mairie à semblé le découvrir (sous entendu, il n’y a que chez vous que ça ne va pas, partout ailleurs tout va bien…) Les situations sont sans doute variables d’une école à l’autre. Dans la mienne, il y a eu du mieux en milieu de période. Puis, l’absentéisme a explosé, avec 6 animateurs absents sur 11 les semaines avant noël, ce qui aboutit à la fin des ateliers à une surveillance plus que limite. Enfin, lors du conseil d’école, les représentants du VAL devaient être présents. Ils n’y étaient pas, d’après la remeur sur instruction de la mairie. Bref, du point de vue des parents, le compte n’y est pas encore…

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