Départementales Courbevoie 2 – Interview d’Aurélie Taquillain et Vincent Franchi

Conseiller général sortant de la ville de Puteaux, Vincent Franchi est associé à Aurélie Taquillain pour représenter l’UMP / UDI aux élections départementales 2015 sur le canton Courbevoie 2 / Puteaux. Qui sont les candidats de la majorité départementale ? Que proposent-ils ? Quelle est leur vision ? Interview exclusive sur le blog !

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Pour les électeurs qui ne vous connaitraient pas encore, pouvez-vous vous présenter en quelques mots?

Aurélie Taquillain : Je suis une Courbevoisienne de naissance et de cœur. Après mes études de sciences politiques, j’ai travaillé dans différents ministères tels que l’éducation nationale, l’industrie ou les finances. Au niveau local, je suis entrée à la mairie de Courbevoie en 2010 en tant que conseillère municipale en charge des jumelages. Suite aux élections de 2014, je suis devenue adjointe au maire en charge de la famille, de la petite enfance et de la vie associative. Cette délégation est un domaine dans lequel je m’investis pleinement car je suis avant tout une élue de proximité, qui aime aller au contact des gens. Pour ces élections départementales, comme pour les municipales en 2014, j’ai rencontré un très grand nombre d’habitants en porte à porte. J’aime aller à la rencontre des habitants pour échanger avec eux et pour connaître leurs attentes et leurs doutes. C’est pourquoi nous avons choisi avec Vincent Franchi le slogan « Génération Terrain » pour notre campagne, il nous représente bien.

Vincent Franchi : Pour ma part, je suis le conseiller général sortant puisque j’ai été élu il y a 3 ans sur le canton de Puteaux. Après avoir été l’assistant parlementaire de Jean-Pierre Fourcade de 2004 à 2009, je me suis engagé à Puteaux aux élections municipales de 2008 où j’ai pris la fonction d’adjoint au maire en charge de l’enseignement et de la culture.

En tant que Conseiller Général sortant, quel est votre bilan ? Quelles actions avez-vous menées qui aient eu un impact sur la vie des habitants de Puteaux ?

Vincent Franchi : J’ai notamment contribué à obtenir des subventions pour les équipements municipaux de la ville. En particulier, j’ai obtenu une contribution de 300 000€ du département pour financer le conservatoire de Puteaux, ainsi qu’une participation du département aux frais de fonctionnement annuels. En tant que Président de la commission petite enfance du département, j’ai aussi contribué au financement des crèches, des assistantes maternelles ou encore du programme BBDom (garde à domicile).

Enfin, j’ai depuis 6 mois la délégation du Tourisme au département, ce qui signifie que je représente le Président au comité départemental du tourisme. Ce comité sert à faire la promotion de l’ensemble des sites culturels du 92. Le comité régional nous a d’ailleurs confié la responsabilité d’être chefs de file pour le développement du tourisme d’affaire qui est important à La Défense : cela représente 2,5 millions de nuitées, et les taxes de séjour associées apportent une entrée fiscale de l’ordre de 2M€ pour les villes Puteaux et Courbevoie. Nous sommes d’ailleurs très heureux du lancement de l’hôtel Melia à La Défense qui va créer de l’emploi local.

Vincent Franchi vous êtes adjoint au maire de Puteaux avec plusieurs délégations d’importance comme l’enseignement ou les finances, vous êtes adjoint à la communauté d’agglomération Seine-Défense, et Conseiller Général. Comment arrivez-vous à tout gérer ? Quelle mission demande le plus de temps ?

Vincent Franchi : Le plus consommateur est clairement ma mission d’adjoint au Maire. En particulier la partie enseignement qui demande beaucoup d’investissement. Il faut être disponible pour répondre aux demandes des chefs d’établissements. J’essaye notamment de participer à tous les conseils d’écoles de Puteaux (15 établissements). Concernant le département, le temps à y consacrer dépend des semaines, et des représentations que l’on a. En effet, parfois j’y suis titulaire, parfois suppléant. Je siège notamment aux commissions en charge des appels d’offre, du droit au logement (DALO) et de la famille.

Aurélie Taquillain, un récent article de l’Express voyait en vous une candidate potentielle à la Mairie de Courbevoie. Votre nom circule aussi concernant les législatives de 2017. Quelle est votre ambition à Courbevoie ?

Aurélie Taquillain : Je considère qu’il faut être ambitieux dans la vie ! Mais en politique, il faut mener les combats sur le terrain l’un après l’autre. Pour le moment, mon combat est celui des départementales.

Vos adversaires pendant cette campagne vous ont notamment critiqués pour être des politiques de métier. De votre coté, considérez-vous cela comme une difficulté ou comme un avantage ?

Aurélie Taquillain : C’est une critique que je ne comprends pas bien. Je suis Courbevoisienne de naissance, c’est ma ville, je connais donc bien les enjeux. Par le passé, j’ai travaillé à la rédaction d’amendements, j’ai fait du lobbying parlementaire. Connaitre le travail législatif est plutôt un atout pour un élu. Jean-André Lasserre me traite d’apparatchik, mais je n’ai jamais travaillé à l’UMP. Je ne suis investie que dans ma ville quand lui a été élu de Paris avant de venir à Courbevoie. Surtout, le plus important pour moi est d’être au contact des habitants, sur le terrain, proche de leurs préoccupations.

Votre programme comporte de nombreuses propositions, quels en sont les points essentiels ?

Aurélie Taquillain : Il y a 3 points essentiels dans notre programme : la famille, l’emploi et la vie de quartier. Sur la famille, il y a beaucoup de crèches, d’écoles, de lieux collectifs sur notre canton. Nous souhaitons créer une Ludothèque à Courbevoie. Surtout, nous souhaitons ajouter un lieu multi-service où les familles puissent trouver l’ensemble des services dont elles ont besoin, et notamment les familles mono parentales.

Vincent Franchi : C’est un type de structure qui existe à Puteaux, à l’initiative d’une association de parents d’élèves. Elle est déjà supportée par le département et nous voulons les aider, notamment à trouver un lieu qui leur manque aujourd’hui.

Aurélie Taquillain : Sur l’emploi, nos villes font partie du trio de tête des villes les plus dynamiques du département. Nous voulons poursuivre sur cette lancée en créant une Bourse à l’emploi : l’idée serait de mettre en relation les habitants de nos villes avec le tissu d’entreprises locales pour promouvoir l’emploi de proximité. Nous voulons aussi développer la participation du Conseil Général dans les associations d’entreprises Initiative Haut de Seine et Réseau Entreprendre. Enfin, nous voulons créer des espaces de co-working pour les entrepreneurs locaux, pourquoi pas au Pôle Léonard de Vinci.

Vincent Franchi : Sur l’emploi, le Conseil Général intervient aussi sur les problématiques d’insertion et de retour à l’emploi. Si nous investissons dans le retour à l’emploi des personnes qui en sont le plus éloignés, cela permet de réduire ensuite le coût du RSA pour le département.

Aurélie Taquillain : Concernant la vie de quartier, c’est un sujet dont le conseil général sortant s’était peu occupé. Lorsque nous rencontrons les habitants, ils nous demandent des aménagements de routes et le développement de la vie locale. Sur les routes, nous proposons la rénovation de la rue Gautier à Courbevoie. Pourquoi par exemple ne pas la mettre à sens unique ? Nous sommes en train de réfléchir à ce projet en concertation avec les riverains, les commerçants, et la RATP. Nous proposons aussi la création d’un marché alimentaire au Faubourg de l’Arche, qui est une demande forte des de ce quartier

Cette proposition faisait d’ailleurs partie du programme de Jacques Kossowski pour les municipales. Quel rôle joue le département dans un projet municipal ?

Aurélie Taquillain : Le Conseil Général accompagne la mairie dans ses projets en apportant notamment un financement. Il est certain que cela ne peut fonctionner que si le conseiller départemental est en accord avec le Maire. Notre rôle est aussi d’apporter des idées et du dynamisme.

Vincent Franchi : Concernant le développement des commerces de bouche autour de La Défense, c’est une problématique commune entre Courbevoie et Puteaux. Les habitants de la dalle sont coupés du centre de nos deux villes et rencontrent les mêmes difficultés. De notre coté, nous avons obtenu de Defacto de développer l’offre de commerces au pied de la dalle avec le projet ‘Les Echoppes’. C’est un succès aujourd’hui, ce qui montre que les commerces de proximité sont une réelle attente des habitants.

Vous proposez notamment la création d’un service transport interne à Courbevoie. Pourriez-vous nous en dire plus ?

Aurélie Taquillain : Le principe est un peu le même que le Curviabus, mais en amélioré. Il y a beaucoup de demandes de habitants pour désenclaver le Faubourg de l’Arche, et relier facilement les différents quartiers de Courbevoie. Nous nous inspirons de ce qui se fait à Puteaux.

Vincent Franchi : Nous avons développé à Puteaux le Buseolien, qui est d’ailleurs passé en électrique il y a quelques semaines. Il s’agit de deux lignes de bus gratuites qui sont gérées en délégation de service public par la RATP. Celle-ci se charge notamment de la gestion du personnel et de la ligne. De son coté, le conseil général contribue au financement du service.

Dans votre programme, le premier thème abordé est la sécurité. Mais est-ce bien une responsabilité du département ?

Aurélie Taquillain : Oui, bien entendu ! C’est une fonction important du département, notamment au travers des Conseil Locaux Sécurité – Prévention de la Délinquance (CLSPD). Le Conseil Général a notamment contribué au financement de la vidéo-protection. Sur Courbevoie, en accord avec Jacques Kossowski, je souhaite que le développement de ce système s’intensifie car nous avons pu voir l’efficacité dans les mairies voisines.

La Défense est un sujet fort dans votre canton, et vous êtes doublement concernés en tant qu’élus de Puteaux et Courbevoie, et en tant que candidats aux élections départementales. Quelle est votre vision pour le quartier d’affaire ? Comment financer la rénovation de la dalle estimée à 350M€ par la Cour des Comptes ? 

Vincent Franchi : Sur La Défense, nous sommes en désaccord profond avec Jean-André Lasserre. Celui-ci avait déposé un vœu au conseil général pour demander le retrait de l’Etat de l’Epadesa. Il voulait laisser Puteaux et Courbevoie assumer seuls les coûts d’entretien de La Défense, au prétexte que nous aurions bénéficié des retombées fiscales. Hors La Défense est un site d’intérêt national, avec un rayonnement qui dépasse largement nos communes. Si on se souvient de la création de La Défense, nos villes en ont souffert au début. Les expropriations se sont faites dans les conditions de l’époque que l’on peut qualifier de violentes. Encore aujourd’hui, la construction de nouvelles tours n’est pas sans nuisances pour nos villes. Les villes voisines qui nous jalousent La Défense sont les premières à s’opposer dès qu’un projet de construction d’immeuble de grande hauteur apparait sur leur territoire.

Aurélie Taquillain : Pour financer la rénovation, nous avons encore la possibilité de valoriser des droits à construire. Il faut continuer à développer le quartier d’affaire qui est une valeur ajoutée pour nos deux villes. Il y a aussi beaucoup à faire sur la dalle, notamment pour développer un parcours touristique mettant en valeur les œuvres d’art contemporain qui s’y trouvent.

En tant que candidats, êtes-vous pour ou contre la suppression des départements ?

Aurélie Taquillain : Nous sommes contre bien sûr, nous souhaitons maintenir les départements. Je m’étonne d’ailleurs qu’un candidat puisse se présenter à une assemblée dont il souhaite la disparition. Je pense que la Métropole du Grand Paris est une très mauvaise chose. En prenant la charge du logement ou de l’urbanisme, elle éloigne les citoyens des lieux de décision. C’est contraire à l’idée que je me fais de la proximité. C’est aussi contraire à l’idée de réduire les coûts des collectivités locales.

Vincent Franchi : Je suis aussi contre la suppression des départements. La Métropole du Grand Paris a du sens dans le cadre du financement des transports à l’échelle de la métropole, vers les aéroports.

Puteaux et Courbevoie sont associées dans  l’intercommunalité Seine-Défense. Quelle est votre vision de la future intercommunalité ?

Vincent Franchi : Nous aurions préféré avoir plus de temps devant nous. Nous sommes une jeune intercommunalité, nous apprenons à mettre des choses en place, à mutualiser des équipements comme la piscine de Puteaux ou la patinoire de Courbevoie. Pour la future intercommunalité, tout est ouvert. Il faut étudier les enjeux financiers, réaliser des études. Il est difficile de connaitre l’impact réel de l’élargissement. Par exemple, le fonctionnement de l’intercommunalité GPSO (Grand Paris Seine Ouest) a été bouleversée par l’arrivée de Vélizy.

Pour conclure, votre prévision pour les élections départementales ?

Aurélie Taquillain : On va gagner parce que nous sommes mobilisés sur le terrain ! Nous avons un programme qui est avant tout un programme de proximité pour améliorer le quotidien des habitants.

Vincent Franchi : Nous attendons sereinement le résultat des élections

Merci à Aurélie Taquillain et Vincent Franchi pour leur temps et leurs réponses. La suite dans les urnes les 22 et 29 mars 2015 !

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