Départementales Courbevoie 2 – Interview de Sylvie Cancelloni et Gilles Vincent

Les 22 et 29 mars 2015 auront lieu les élections départementales. Sur le canton Courbevoie 2 qui regroupe les quartiers Gambetta et Faubourg de l’Arche à Courbevoie, et l’ensemble de la ville de Puteaux, 5 listes se disputeront les voix des électeurs. Sylvie Cancelloni et Gilles Vincent se présentent en tant que liste divers droite avec le soutien de Jean-Christophe Fromentin, le député-maire de Neuilly. Interview exclusive sur ce blog !

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Sylvie Cancelloni, les électeurs de Puteaux vous connaissent peut-être mais pas ceux de Courbevoie. En quelques mots, qui êtes vous ? 

Sylvie Cancelloni : Je suis une citoyenne engagée depuis un certain temps dans la politique, persuadée que la société civile doit désormais s’y engager et que la politique n’est pas un métier à vie. Jean Christophe Fromantin, Député de notre circonscription, m’ayant proposé en 2012 d’être sa suppléante lors des législatives, c’est tout naturellement qu’avec son soutien, je me suis présentée aux élections municipales de Puteaux en 2014 sous la bannière indépendante de Puteaux-en-Mouvement, pour rassembler le centre et la droite de la ville face à la dynastie longue d’un demi-siècle des Ceccaldi. Les Français ont très fortement besoin de rénover aujourd’hui leur personnel politique devant le discrédit des partis : c’est à cela que je cherche à répondre. Nos villes ont besoin d’optimisme, d’élus expérimentés et d’une vision d’avenir à un moment de grande perte de confiance.

Sur le plan personnel, j’ai été chef d’entreprise dans le domaine du textile avant de me reconvertir, il y a quelques années, dans l’enseignement auprès des jeunes.

Gilles Vincent, les électeurs de Courbevoie vous connaissent peut-être un peu, mais pas ceux de Puteaux. Pouvez-vous vous présenter ?

Gilles Vincent : J’ai 54 ans, je suis marié et père de 3 enfants. Je dirige des entreprises dans le domaine juridique et dans la communication. A ce titre, j’emploie 17 salariés. Courbevoisien de naissance, je me suis engagé en politique très jeune. J’ai accompagné Jacques Kossowski pendant 2 mandats, de 1995 à 2008, où j’ai notamment été adjoint en charge de la culture. J’ai ensuite arrêté la politique en 2008.

Pour quelles raisons avez-vous choisi de vous engager dans cette campagne ? 

Gilles Vincent : J’ai été séduit à l’idée de rejoindre la belle personnalité de Jean-Christophe Fromantin, notamment pour le projet qu’il porte avec l’exposition universelle à Paris. Les Français en ont assez de la politique et des hommes politiques, et l’image de la France à l’étranger s’est beaucoup dégradée. Organiser l’exposition universelle à Paris en s’appuyant uniquement sur des fonds privés valorise le dynamisme économique et l’image de notre pays et redonne confiance dans l’initiative privée . Il est nécessaire d’avoir des relais politiques pour ce projet, dont je compte bien que Courbevoie et Puteaux profiteront au 1er rang.

Notre Député est par ailleurs, à l’inverse de son prédecesseur Joëlle Ceccaldi-Raynaud, le Maire de Puteaux, un élu extrêmement actif, engagé sur tous les dossiers qui font avancer la France. En quelques années de mandat, il a fait un super boulot et démontre chaque jour sa capacité d’entrainer les Français à croire en l’avenir. Enfin, j’ai apprécié ma rencontre avec Sylvie Cancelloni. Ensemble, nous formons une équipe solide et très entourée.

Sylvie Cancelloni : Les élections départementales n’intéressent personne. Les départements étant amenés à disparaitre, les habitants voient encore moins pourquoi y participer. Pourtant, il y a un gros enjeu dans ces élections avec l’avènement de la métropole du Grand Paris le 1er janvier 2016 : Puteaux et Courbevoie doivent leur prospérité à La Défense. Elle a vieilli, son attractivité décline, la Cour des Comptes estime à 350 millions la rénovation de sa dalle et il faudra probablement doubler cette somme. Le risque est grand de voir la Métropole faire des choix qui nous sont défavorables en mettant ses moyens financiers au service de zones d’affaires nouvelles dans le 93 et le 94 et en “oubliant” de rénover La Défense.

Il faut donc que les élus de toutes les villes de La Défense fassent entendre une voix unique et forte face à la Métropole , au lieu de se diviser comme elles le font depuis des années. Nous avons trop à perdre pour continuer à mettre nos egos en avant.
Nos élus ne parlent de ces questions à personne : qui est au courant que Puteaux et Courbevoie auront rejoint dans un an une intercommunalité supérieure à 350000 habitants ? Nos villes ont même fait le choix de diviser La Defense pour aller rejoinder un autre ensemble autour de Gennevilliers et de Villeneuve La Garenne… Si on divise les villes de la Défense, qui défendra son avenir et l’avenir de nos quartiers-frontières avec la dalle ?

Les élus du futur Conseil Départemental doivent peser dans ces questions déterminantes. Sincèrement, que peuvent connaître de la “vraie vie” des élus apparatchik comme Vincent Franchi / Aurélie Taquillain qui n’ont pas d’expérience et sont juste un “produit” des partis ? C’est précisément ce genre de candidatures qui fait aujourd’hui monter le Front National à des niveaux jamais vus. Seuls des candidats venant de la société civile seront à même de dépasser des clivages partisans pour aller à l’essentiel

Vous revendiquez le soutien de Jean-Christophe Fromentin, qui est un des leaders de l’UDI. Pourtant, l’UDI soutient officiellement la candidature Vincent Franchi / Aurélie Taquillain. Pourquoi Jean-Christophe Fromentin vous soutient-il ? 

Sylvie Cancelloni : Jean-Christophe Fromantin est un élu indépendant, avec une voix si particulière et si nouvelle qu’il force souvent l’UDI à lui emboîter le pas. Il est porteur d’un message dynamique, pragmatique et cherche à faire monter autour de lui des élus expérimentés, capables d’intervenir notamment dans les sujets complexes des réformes locales en cours.

Notre Député, qui a une vraie réflexion sur l’avenir de la France, oeuvre pour le futur de nos villes avec un engagement original qui ouvre de nombreuses pistes de travail. C’est un vrai élu de terrain, pas un porte-parole de parti ou un apparatchik.

Gilles Vincent : Nous sommes tous des candidats issus de la vraie vie. Aujourd’hui, 9 français sur 10 ne croient plus à la politique. Il faut donc travailler à proposer une alternative. Jean-Christophe Fromantin nous aide dans les coulisses, et nous apporte ses conseils. Nous pensons qu’il vaut mieux des candidats de la société civile avec une expérience politique que l’inverse.

Gilles Vincent, vous étiez candidat aux cantonales en 2008 face à Daniel Courtès. En 2014, vous étiez n°3 sur la liste d’Arash Derambarsh aux municipales de Courbevoie. Aujourd’hui, vous êtes de nouveau candidat face à Aurélie Taquillain. Après avoir été 15 ans aux coté de Jacques Kossowski, avez-vous une revanche à prendre ?

Gilles Vincent : Je n’ai aucune animosité envers Jacques Kossowski. Après 15 ans de travail ensemble, il m’a congédié en 7 mn pour mettre quelqu’un de plus jeune à ma place : Yves Jean, qui a 20 ans de plus que moi ! C’est ainsi et je n’ai aucune rancune…J’ai l’avantage de ne pas dépendre de la politique économiquement, et j’ai la chance d’avoir autour de moi un cercle familial fort. En 2014, j’ai donné un coup de main à Arash pendant sa campagne, ce qu’il me rend aujourd’hui en soutenant à son tour la notre.

Pour les municipales 2014 avec Arash, vous étiez l’auteur du tube « Césari, pas ici« . En 2015, revenez-vous avec « Franchi, c’est fini » ?

Gilles Vincent : Si on regarde en arrière, on aurait fait preuve de lucidité en renonçant à Eric Cesari à Courbevoie : on aurait évité un apparatchik de plus, doté de sacrés ennuis judiciaires (Ndlr : E. Césari a été mis en examen dans le cadre de l’affaire Bygmalion) qui a cherché à compenser son ancien salaire de DG de l’UMP par son poste de Président de notre communauté d’agglomération Seine Défense (CASD). S’il y a une lassitude de la politique, c’est à cause de cette sorte d’élus. A l’époque où je travaillais dans l’équipe de Jacques Kossowski, aucun élu n’avait jamais été mis en examen à Courbevoie.

Votre campagne ne manque pas une occasion d’attaquer Vincent Franchi, conseiller général sortant et fils de Joëlle Ceccaldi-Raynaud. Le rejet de sa candidature est-il suffisant à faire un programme ? 

Sylvie Cancelloni : Il est important de présenter une alternative aux électeurs, face à un FN qui dénonce sans rien proposer, et à un PS en déroute. Il faut que ce soit une alternative positive qui ne se laisse par “confisquer” par des élus cooptés par des familles ou des clans. Vincent Franchi prétend avoir un bon bilan, mais que penser des élus qui se transmettent les responsabilités de génération en generation (ndlr: Vincent Franchi est la 3e generation des Ceccaldi) ? On finit par faire d’un mandat et d’une ville une propriété personnelle ! Il est temps d’ouvrir les fenêtres, de ne pas laisser tous les pouvoirs dans les mains d’une seule famille. Vincent Franchi cumule déjà 6 délégations d’adjoints à la mairie et 10 postes d’admininstrateur. Il y a là quelque chose de dynastique et d’étouffant : la politique professionnelle sclérose la France.

Justement, que proposez-vous aux électeurs dans le cas où vous seriez élus au conseil départemental ? 

Sylvie Cancelloni : D’abord, nous travaillerons dans et avec la majorité départementale, avec Patrick Devedjian s’il est réélu, mais aussi avec les majorités municipales de nos villes respectives. C’est notre premier devoir. Nous défendrons, avec ou sans eux, La Défense au sein de la Métropole du Grand Paris.

Comme nous avons, en particulier à Puteaux, des collèges et lycées dans le niveau desquels les familles n’ont pas confiance, nous chercherons à ramener l’excellence dans les établissements, collèges uniques et enseignement professionnel confondus.

Conscients de l’importance des manques, nous souhaitons aussi développer les maisons de retraite sur notre territoire. Avec le vieillissement de la population, il faut se battre pour avoir des structures adaptées à toutes les bourses dans nos deux villes, pour ne pas accroitre les inégalités du vieillissement.

Il existe au niveau de la communauté d’agglomération Seine Défense un “club d’entreprises”. Nous souhaitons lui donner du contenu concret. Un département comme le 92 doit devenir moteur sur ce type d’initiative.

Enfin, nous souhaitons rendre enfin La Défense et nos villes accessible aux circulations douces, lier nos quais en pistes cyclables et travailler le raccord de nos lieux de vie avec La Défense.

D’une façon générale, nous voulons que La Defense, qui était un territoire d’exception le demeure et , le demeurant, continue de mettre sa prospérité au service de nos villes

Vous dites vouloir travailler avec les municipalités, mais est-ce possible compte tenu de vos différents ?

Sylvie Cancelloni : Nous n’avons pas d’opposition personnelle. Nous saurons travailler avec elles, mais dans la limite de nos convictions. Par exemple, nous nous refuserons au projet de fermeture de l’île de Puteaux.

Gilles Vincent : Pour travailler ensemble, il faut avant tout être efficace, pas être aimé.

Si vous êtes élus, soutiendrez-vous Patrick Devedjian à la présidence du Conseil Départemental ? 

Sylvie Cancelloni : Oui

Gilles Vincent : Oui

Vous êtes candidats aux élections départementales. Etes-vous pour ou contre la suppression des départements ? 

Gilles Vincent : Comme nous ne dépendons pas financièrement de notre mandat, nous aurons une vraie indépendance pour faire nos choix.

Sylvie Cancelloni :De mon coté, je pense que ce sont des sujets à aborder d’abord avec courage : il faut alléger les structures et le poids financier des élus. Sous quelle forme ? Nous prendrons notre place dans cette réflexion. Mon souci, c’est que les élus restent à l’écoute des besoins des territoires qu’ils administrant. Et pas qu’ils se préoccupent d’abord de leur réélection suivante.

Pour conclure, votre pronostic pour les élections ? 

Gilles Vincent : L’abstention sera élevée, de l’ordre de 50 à 60%. Le FN risque bel et bien d’être présent au second tour. Mais ce à quoi nous travaillons d’arrache-pied, c’est d’être, et nous l’espérons, la surprise du second tour !

Merci à Sylvie Cancelloni et Gilles Vincent pour leur temps et leurs réponses. Suite des interviews sur Courbevoie 2 bientôt avec les autres candidats…

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