Alban Thomas, candidat « Tous pour Courbevoie » aux municipales 2020

Dans la course à l’élection municipale 2020, Alban Thomas a repris le flambeau de l’opposant suite au départ de Jean-André Lasserre. Militant PS mais revendiquant une liste citoyenne, il dresse un bilan sévère des décennies de mandat du maire sortant Jacques Kossowski. Portrait du candidat.

Son parcours politique

D’origine alsacienne, Alban Thomas est arrivé à Courbevoie en 2010. Dès 2011, il milite à la section locale du PS. En 2014, au moment des élections municipales, il participe à la liste « Tous pour Courbevoie » menée par le PS Jean-André Lasserre, opposant historique du maire. Il sera l’un des 7 élus de cette liste à rejoindre le conseil municipal.

Au sein du groupe Tous Pour Courbevoie, il est celui qui analyse en détail les dossiers, parfois avec une approche très « techno » en rentrant en profondeur dans le détail des dossiers, parfois avec une approche plus politicienne en s’opposant aux différents projets de la mairie.

Depuis le début, il est notamment celui qui étudie en profondeur, genre vraiment en profondeur, le budget de la ville et finit en général par s’y opposer. Ce travail mené depuis 6 ans lui permet aujourd’hui de revendiquer être probablement le 2e élu connaissant le mieux le budget de la ville (après quand même l’adjoint aux finances Patrick Gimonet).

On pourra trouver le fruit de ce travail par exemple sur l’analyse du projet Charras, l’analyse du PLU ou encore la critique des choix budgétaires de la ville.

En milieu de mandat, Jean-André Lasserre, probablement fatigué par des années d’opposition, quitte Courbevoie pour les terres plus clémentes de Paris. Au sein du groupe, c’est donc Alban Thomas qui sera élu pour en prendre la direction, ce qui l’amène aujourd’hui à être candidat en 2020.

Mais au sein du groupe justement les choses se sont compliquées entre les anciens colistiers. Tout d’abord avec les Verts : souhaitant exister en propre et porter leurs propres combats, l’élue EELV Ghizlaine Guessous fera dissidence. Ce sera aussi le cas de Karim Larnaout qui quittera le groupe suite à des dissensions. Héritage de cette scission classique à gauche, les deux élus font maintenant liste commune face à Alban Thomas.

Vu de l’extérieur, être opposant PS dans une ville solidement ancrée à droite a tout d’une mission sacrificielle. Mais pas pour Alban Thomas. L’élu estime au contraire qu’un premier mandat en tant qu’élu de l’opposition est beaucoup plus formateur que d’être dans la majorité. En effet, l’opposition est amenée à étudier et à travailler sur tous les dossiers, quand les élus de la majorité sont généralement cantonnés à certains domaines. Ce travail et cette connaissance détaillée des dossiers, il en fait sa carte de visite pour gagner la ville.

Sa vision de la ville

Sur le bilan de la majorité sortante, Alban Thomas est sans concession. Il estime que le maire sortant, Jacques Kossowski affiche un bilan médiocre. Ailleurs en France, un maire qui laisse moisir un centre commercial tel que Charras n’oserait même pas se représenter. Ailleurs en France, un maire qui n’a qu’une piscine qui tombe en ruine pour 80 000 habitants ne pourrait pas se représenter.

La preuve de cette mauvaise gestion ? La baisse du nombre d’habitants dans la ville. En effet, Courbevoie est passé de 87 000 à 82 000 habitants entre 2012 et 2017. Selon l’élu, le nombre de logements vacants dans la ville aurait augmenté et serait maintenant à 10%, ce qui traduirait le fait que les habitants partent pour des contrées plus accueillantes.

Mais n’est-il pas contradictoire de critiquer une baisse de la population, tout en regrettant par ailleurs que Courbevoie ait moins d’espace verts que Paris (même en ne comptant pas les Bois de Boulogne et Vincennes) ? Dans une ville déjà très dense et peuplée, n’est-il pas souhaitable de limiter la population ?

Pour l’élu, la différence tient dans la manière de le faire. Selon lui, la baisse de population subie par la ville n’est pas le résultat d’une politique volontaire. Et surtout, Alban Thomas critique la mauvaise utilisation des ressources de la ville : si les logements sont construits, il faut les utiliser. Et c’est aussi le cas pour les équipements de la ville, dont le centre évènementiel, les gymnases, les espaces sportifs, qui cumulent le fait d’être insuffisamment utilisés et insuffisamment nombreux.

Et les choses ne s’améliorent pas : la majorité sortante a lancé une procédure de révision du PLU (plan local d’urbanisme de la ville) qui engage ensuite la ville sur 10 ans. Cette procédure sera bientôt finalisée. Lancer un tel chantier quelques mois avant les élections municipales est totalement anormal selon lui. Et d’autant plus anormal que les concertations menées dans la ville pour ce document central le sont a minima, avec peu de réunions d’information, peu de participants, et des documents transmis à l’opposition au dernier moment. Ainsi le diagnostic a été publié seulement en juin 2019 alors que c’était le point de départ de la révision du PLU, et que son écriture date du premier trimestre 2018

Sur le fond, Alban Thomas regrette un PLU qui acte une ville à deux vitesses avec quelques secteurs extrêmement denses que l’on densifie encore (le Faubourg de l’Arche serait un des quartiers les plus densément peuplés de France), et quelques secteurs pavillonnaires protégés et favorisés.

Au final, Alban Thomas regrette que Courbevoie soit une ville riche mais pas attractive, et renvoie au maire sortant son slogan de campagne « Pour une ville active » qu’il est loin d’avoir réalisé, faute de vision et d’ambition.

La liste Tous pour Courbevoie 2020

N’en jetez plus, la coupe est pleine ! Alors pour changer tout cela et rendre à la ville ses lettres de noblesses, Alban Thomas mènera une liste « Tous pour Courbevoie » aux élections municipales de 2020. Bien que militant PS à titre personnel (il revendique avoir été manifester contre la réforme des retraites), la liste Tous Pour Courbevoie serait avant tout citoyenne. Peut-être que les adhérents PS n’étaient plus assez nombreux sur la ville pour faire une liste entière ?

Si la liste n’est pas encore finalisée, il aura à ses côtés Aline Delobel, autre élue de l’opposition. Il sera aussi accompagné d’Alain Sarhadian qui est à l’origine de l’association pour sauver les arbres de Courbevoie (et selon Alban Thomas, la seule personnalité à avoir réussi à faire plier la mairie, dans ce cas sur le sujet de la rénovation du parc Freudeunstadt). De son côté, Cécile Boucherie, élue d’opposition depuis 12 ans accompagnera Alban Thomas mais en position non éligible, celle-ci s’étant engagée à ne réaliser que deux mandats et souhaitant laisser la place. Enfin, Maria Cotora, autre élue du groupe de l’opposition et ancienne candidate aux élections départementales, a annoncé ne pas participer à la campagne compte tenu de l’incapacité de la gauche à s’unir.

Justement, cette dissension à gauche, Alban Thomas dit la regretter, et pointe des discussions bloquées avec EELV, notamment sur le haut de liste qui faisait trop peu de place au groupe Tous Pour Courbevoie. Celui-ci estime en effet que le travail d’opposition sur les dossiers pendant 6 ans devrait justifier de bonnes positions sur la liste. De son côté EELV aura sans doute voulu surfer sur les bons scores du parti aux élections européennes et prendre le leadership à gauche sur la ville ?

Pour la suite, le candidat s’inscrit dans l’héritage politique de Jean-André Lasserre et proposera prochainement sa vision de la ville. Sur la forme, ce sera différent de 2014. Promis, il n’y aura pas cette fois 123 propositions à lire, mais davantage des orientations et des grands sujets. A suivre…

2 pensées sur “Alban Thomas, candidat « Tous pour Courbevoie » aux municipales 2020

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