Municipales 2020 à Courbevoie : la campagne fratricide

En ce mois de décembre, nous y voyons maintenant plus clair sur la campagne municipale de 2020 à Courbevoie. Une chose est sûre, elle sera fratricide ! Voici donc le tutoriel pour comprendre pourquoi les amis d’hier sont les ennemis d’aujourd’hui…

1/ A la droite du père

Au début était Jacques Kossowski.

Maire LR de Courbevoie depuis bien avant la naissance de nombre d’entre nous. Maire à l’époque du minitel comme ironisaient certains il y a 6 ans… Mais aussi maire apprécié de nombre de Courbevoisiens, ré-ré-ré-élu au 1er tour lors de la dernière élection, avec une équipe à dominante LR, soutenue par l’UDI et le Modem (nous y reviendrons).

Parmi ses adjoints figurait une jeune ambitieuse, Aurélie Taquillain, élue LR sur la liste de Jacques Kossowski.

Il lui confiera un poste d’adjointe aux associations et à la petite enfance. Mais ses ambitions annoncées étaient plus grandes. Etre députée ou être maire. N’ayant pas eu l’investiture LR pour les élections législatives (une chance pour elle finalement vu que l’élection sera gagnée par En Marche), et ayant senti le vent tourner dans la ville après les résultats des dernières élections, Aurélie Taquillain a donc rejoint En Marche pour être investie candidate aux municipales 2020.

Dans sa campagne, elle amène avec elle deux conseillers municipaux de la majorité sortante, plus ses anciens compagnons de route des jeunes LR (dont certains viennent d’autres villes). Mais la majorité de ses anciens amis proches ont fait le choix de rester fidèles au maire qui les a fait élire et n’apprécient que modérément ce retournement de veste.

Battle fratricide n°1 : La bataille au sein de la majorité sortante LR, dont est issue la candidate En Marche, qui sera sans doute amenée à critiquer le bilan d’une majorité dont elle faisait partie jusqu’à son investiture récente.

2/ Marchons, marchons…

Aurélie Taquillain a donc eu l’investiture En Marche. Mais celle-ci s’est faite au forceps, contre l’avis de la majorité des marcheurs du comité local En Marche qui s’étaient clairement positionnés pour la candidature de Marie-Pierre Limoge, 1ere adjointe au maire, UDI, jugée plus proche des idées d’Emmanuel Macron.

Les marcheurs locaux reprochent notamment à Aurélie Taquillain son positionnement historique trop marqué à droite à leurs yeux, suite à sa participation à La Manif pour Tous ou à des réunions organisées avec Sens Commun à l’époque où elle avait des responsabilités au sein de LR.

Suite à son investiture, certains marcheurs et acteurs de la société civile ont fait le choix de faire confiance aux instances du mouvement et à la candidate sur la sincérité de son nouveau positionnement politique, et font campagne avec elle, au coté des anciens jeunes LR.

Cependant, pour la majorité des marcheurs engagés dans la ville, impossible de soutenir la candidate de leur parti (jugée trop à droite). Ce qui pourrait paradoxalement les pousser … dans les bras de Jacques Kossowski, maire LR sortant, jugé finalement plus macron-compatible !

Battle fratricide n°2 : les marcheurs qui croient dans leur candidate, et ceux qui considèrent qu’elle n’est pas sincère dans son engagement.

3/ Divisons pour mieux régner (ou pas)

Courbevoie est une ville de droite. La gauche a toujours eu du mal avec les élections dans la ville, ne réussissant même pas à passer le 1er tour lors des dernières municipales alors que le candidat (Jean-André Lasserre) pouvait se prévaloir d’une certaine notoriété dans la ville.

Dans cette situation, la gauche locale a appliqué ce qui se fait de mieux au niveau national : la division.

Lors de la dernière élection municipale, le groupe de gauche « Tous Pour Courbevoie » envoyait 7 élus au conseil municipal (sur les 53 sièges). Sur ces 7 élus, 3 se sont déclarés candidats aux municipales 2020.

Alban Thomas sera le candidat de la liste « Tous pour Courbevoie 2020 ». Cette liste sera principalement soutenue par le PS dont est issu le candidat.

Il aura face à lui une liste EELV / PCF / LFI / Génération S (si je n’oublie personne ?) menée par Ghizlaine Guessous, candidate issue de EELV qui espèrera capitaliser sur l’excellent score des verts lors des élections européennes.

Enfin Jean-Philippe Elie, ancien du modem, adhérent En Marche qui participait à la liste Tous Pour Courbevoie, a aussi déclaré sa candidature. Il sera donc opposé à ses anciens amis d’En Marche, aux autres dissidents d’En Marche, et à ses anciens compagnons de route de Tous pour Courbevoie !

Battle fratricide n°3 : la gauche, qui se battra contre la gauche, pour espérer la prendre de vitesse sur sa gauche.

4/ La coupe est pleine ?

A ces 5 candidats déclarés qui ne se feront probablement pas de cadeaux, on peut encore ajouter 3 interrogations :

Que fera Marie-Pierre Limoge, 1ere adjointe au maire actuelle, investie chef de file par l’UDI pour ces élections ? Celle qui était la dauphine présumée du maire sortant choisira-t-elle d’en rajouter dans les luttes fratricides qui s’annoncent ou fera-t-elle le choix de la fidélité aux engagements passés ?

Que fera Arash Derambarsh ? Le candidat, bien qu’appartenant aussi à LR, s’était présenté contre le maire il y a 6 ans sur une liste divers droite et avait récolté 7% des voix. Depuis, il est devenu avocat et s’est engagé contre le gaspillage alimentaire. Il a annoncé ne pas vouloir mener une liste aux prochaines élections. Rejoindra-t-il l’une des listes en présence ?

Enfin, quelle sera la position du Modem de Courbevoie dont Sébastien Beauval a été désigné chef de file ? Sachant que le modem avait soutenu Jacques Kossowski en 2014, que la député En Marche Christine Hennion est issue du modem, que le modem est associé à En Marche au niveau national et que Jean-Philippe Elie, candidat dissident En Marche est aussi issu du Modem ? (clair non ?)

Quel maire pour Courbevoie ?

Au final, compte tenu de ses mélanges (d)étonnants, il y a fort à parier que les programmes des différents candidats présenteront nombre de similitudes.

Une des questions importantes que les électeurs devront trancher sera donc surtout celle de la personne a qui ils accorderont leur confiance pour être capable de réaliser le programme annoncé.

Ce sera donc sur les personnes que le débat portera, entre des équipes qui se connaissent et qui ont travaillé ensemble par le passé.

Résultats en mars 2020…

Une pensée sur “Municipales 2020 à Courbevoie : la campagne fratricide

  • 5 décembre 2019 à 5 h 11 min
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    J’ai beaucoup aimé le travail d’Arash Derambarsh pour la lutte contre le gaspillage alimentaire

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